vendredi 27 juin 2008

saisons



« To Autumn;
Season of mists and mellow fruitfulness,
Close bosom-friend of the maturing sun,
Conspiring with him how to load and bless
With fruit the vines that round the thatch-eaves run.... »

« A l'automne.
Ô Saison de brumes et de fruits doux ,
Ami intime du soleil mûrissant,
De concert avec lui tu charges et bénis
De fruits la treille qui grimpe sur la chaume des toits ».
Keates

Mon corps n'est plus ce fidèle serviteur qui me procurait du plaisir dans le sport ou dans l'amour. D'injustes douleurs m'assaillent. Injustes, car elles ne sont pas la rançon d'un moment de bonheur à faire de l'exercice. Ainsi est l'âge qui nous oriente vers d'autres activités, d'autres plaisirs. Faut-il, pour autant refuser de vieillir? Faut-il, à coup de pilules miracles refuser cette évolution vers un autre état d’être? Pour ma part je ne le crois pas; ce que la Vie nous donne a sa raison et cette frustration cache mille et un petits bonheurs subtiles. Mais à la condition de l’accepter, car le seul moyen de sortir de la frustration est de le faire « par le haut » dans la sublimation de l’acceptation.
De fait, nous avons de plus en plus tendance à considérer notre corps comme un outil. Témoins les sportifs et autres artistes qui vivent de la spécificité des possibilités de leur corps et le dopent. Pour moi c’est un outil qui me permet de remplir une fonction dans le macrocosme, un outil plus ou moins fidèle. Mais en tout cas je ne suis pas ce corps et ce corps n'est pas moi. Il y a un corps qui me véhicule, j'ai un corps qui permet à un "moi" de vivre l'illusion de l'individualité. Il y a une forme comme une vague au-dessus de la mer, une vague gonflée par le vent, une vague qui n'est qu'une ride sur l'océan, rien de plus...
Je m'achemine sereinement vers le couchant de la vie. Déjà s'apaise la chaleur ardente des passions et mes sens laissent un peu plus de place à la réflexion. Le chemin fut sinueux qui se dessine moins tord et qu'une douce pente agrémente. Ce n'est pas encore la nuit, non mais cette heure où se lève une douce brise apportant entremêlés tous les parfums du jour passé. Ici les blés fauchés, là l'odeur de l'eau qui irrigue un jardin, un peu de fleurs et de fruits murs, toutes les activités des hommes ne sont plus qu'un mélange, une unique sensation rassurante, bienfaisante. Brel chantait: "je suis un soir d'été", je le réalise aujourd'hui. Assis sur un banc, spectateur invisible de tout et de moi même je médite :

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