samedi 2 mai 2009

brin de muget



La tradition syndicale de la fête du travail ne remonte qu'à la fin du 19ème siècle. Pourtant le peuple Celte, en ce même jour de l'année, fêtait le dieu Lug, suprême artisan. Ce dieu dit "Longues mains" fut assimilé au Christ pancréator comme en témoigne la représentation qui en est faite à Vézelay. Dans certaines provinces, comme en Bourgogne, cette fête perdure sous sa forme ancienne puisque l'on fait "Mai". Cela signifie que les jeunes du village s'emparent durant la nuit de tout ce qui n'est pas sous clef et le portent au milieu de la place centrale où le propriétaire devra aller récupérer son bien. Cela symbolise le travail nocturne de changement qu'opère le Créateur dans la nature et rend hommage à ce qu'ailleurs l'on appellerait le Tao, le Verbe...
Ainsi par delà les siècles et les religions particulières, par delà les dénominations des traditions perdurent dont les hommes ont oublié l'origine et, en ce jour de l'an 2009, il est distrayant de voir les syndicats défiler à la gloire du dieu Lug et du Christ sans même le savoir. Il en est sans doute de même des zélateurs de telle ou telle religion qui continuent un culte qui remonte bien au delà leur mémoire et l'invention de leur dogme. Ainsi toutes les religions remontent à un racine commune: l'expérience de l'Indicible qu'il a été indispensable de traduire en symboles afin de partager...

lundi 20 avril 2009

vide

Lorsque la matière laissera place à la réalité. Lorsque le décor que nous projetons sur le vide s'évanouira et que l'hologramme s'éteindra; restera, au coeur du monde le noyau brûlant de Son amour. Un en l'Un le retour sera parachevé; force sera de constater que ce qui était au commencement est ce qui a toujours été et sera pour toujours. Car à lui toutes choses feront retour bien que n'étant jamais été ailleurs. Jour béni des noces! En attendant cette vision je m'enivre du vin des fiançailles...

mercredi 15 avril 2009

Ivresse


Je me suis enivré du parfum de Sa présence et dans mon ivresse je me suis complu. Je suis maintenant comme l'alcoolique au réveil; en manque de Lui. Je n'ai ni mal au coeur, ni à la tête, je suis simplement dans l'anxiété de le retrouver. C'est mon "moi" qui a peur, car Lui est partout; dans l'air que je respire, dans l'eau que je bois, dans les élans même de mon coeur; Il est là. Comment pourrais-je être séparé de la vie de ma vie? Combien suis-je aveugle?.... Déjà je Te discerne au coeur de la prière que Tu m'as donnée. N’est-ce pas Toi-même qui prie en ce lieu qui se nomme « moi » ?

jeudi 9 avril 2009

matin


Mes yeux s'ouvrent à une nouvelle journée:
Tu me laisses, au matin deviner Ta présence; mon coeur a bondi comme un jeune faon dans la rosée de la clairière. Comment ai-je pu T'oublier pendant mon sommeil? Ceux qui T'oublient dorment ils leur vie? Vois, me voici transparence pour que Ta lumière m'emplisse. Vois, me voici caverne pour Ta voix m'emplisse. Me voici absence pour que Ta présence emplisse mon néant. Béni soit ton amour...

mardi 31 mars 2009

Soleil


Vois le soleil: son action est parfaite, son rayonnement est immense, pourtant il ne pense pas. Regardes la fleur, son action est parfaite et conforme à ce qu'elle doit être, elle ne pense ni ne cherche aucun intérêt, elle est simplement dans la Voie. Ainsi, si tu veux que ton action soit parfaite il te suffit de te sentir en conformité avec ce qui doit être, sans te demander si cela te profitera, sans penser, mais en étant pleinement présent dans l'action, dans la sensation de l'action dans la sensation de l'unicité de l'univers.

dimanche 29 mars 2009

Tu,Toi?


Ainsi je dis « Tu ». Mais je sens bien en moi que cela n’est pas juste. Ce « Tu » suppose un autre ego en dialogue avec cet ego que je crois être. « Tu » suppose également une idée de « Toi », autant dire une projection de mon imaginaire, une image construite. Or le Tout Autre transcende absolument toute catégorie construite par le mental. Il est le « Lui » le lointain et le tout proche l’apparent et le caché, Il est inexprimable, insaisissable et pourtant toujours présent et donné ici et maintenant, sans qu’il y ait à comprendre…

mercredi 25 mars 2009

Perfection?


Si, en ton coeur le silence répond au silence, si en ton âme ni joie ni tristesse à ton sujet ne vient troubler ta sérénité, si la vie n'est plus pour toi un chemin à frayer chaque matin, sans certitude du repos du soir ; sans doute es-tu bien proche de la perfection spirituelle.
Mais es-tu encore un homme?
En tous cas, crains le petit mal de pied qui te peut déstabiliser et réduire à néant cette trop belle construction...

mardi 24 mars 2009

Rien de rien


Que pourrais-je te dire qui ne fut déjà dit? Que pourrais-je te dire d'autre que l'indicible silence qui précède l'éveil et l'écroulement de l'ego? Comme l'oeil du cyclone il s'insère dans le tumulte de la vie. C'est la grotte bénie où le Tout Autre se fait ange pour te donner à lire la révélation à toi qui ne sait lire. Le vent continuera après comme avant, mais pour toi le sens du mouvement sera différent, le sens des choses et des temps sera lumineux. C'est François dialoguant avec frère loup ou soeur lune. C'est l'étrange devenu familier au point que ta parenté avec le Tout se fasse tangible. Alors, seulement, tu seras capable d'aimer vraiment, tu seras en capacité de partage authentique. Rien d'autre n'est réellement utile à dire, car tout cela procède du nécessaire abandon de tout savoir...

jeudi 19 mars 2009

si proche...


Toutes les traditions s'accordent à dire qu'Il n'est jamais éloigné de toi. C'est Maître Eckhart qui dit:
"C'est un grand préjudice pour l'homme que de se croire éloigné de Dieu; que l'homme chemine loin ou près, Dieu n'est jamais loin: Il se tient toujours à proximité et, s'Il ne peut rester à l'intérieur, Il ne va jamais plus loin que le pas de la porte."
C'est aussi le maître zen qui nous enseigne la proximité de l'illumination: "Tout soudain, vous trouvez que votre mental et votre corps chassés de l'existence. C'est ce qui s'appelle lâcher prise. Vous retenez votre souffle et c'est comme boire de l'eau et savoir qu'elle est fraîche. C'est une joie inexprimable"
Le Coran, lui nous dit: "Dieu est plus proche de toi que ta veine jugulaire".
L'expérience mystique est simple et ne dépend d'aucun artifice; elle est juste un état de conscience sans conscience du moi: "si tu t'absentes de toi un instant; Dieu entre" dit encore Maître Eckhart.

dimanche 15 mars 2009

Mondialisation


Voici que de l'orient à l'occident des Maîtres sont connus qui ont en commun une expérience et un langage. Ils vécurent à des époques différentes et, du fond de leurs passés ils nous enseignent aujourd'hui. Voici que dans les zendos de l'Asie on étudie Maître Eckhart, qu'en Europe on reçoit les Anciens du Tchan comme Ibn Arabi. Une nouvelle spiritualité adogmatique est en marche, une soif de la Présence trouve enfin des sources et une eau unique pour se désaltérer. Béni soit Il de nous faire ce cadeau merveilleux et si la mondialisation a bien des attitudes angoissantes elle a ici un aspect des plus bénéfiques.

vendredi 13 mars 2009

prémices

Comme une chatte langoureuse, le printemps s'installe sur les genoux de la terre. Chant d'oiseaux et éclosions nouvelles sont le lot de chaque matin. La douceur de la vie renaissante coule comme un frisson dans les herbes neuves que la brise caresse d'une main rajeunie. Rien ne peut s'opposer au mouvement de la Grande Vie qui passe. Le voudrait on? Il en est de même pour Ton amour en mon coeur, et bien fol qui veut raison garder.
Il n'est nulle raison d'aimer, seul le mouvement que Tu imprimes au cours des choses: "ce qui est raison au yeux des hommes est folie aux yeux de Dieu".

dimanche 8 mars 2009

passages


Passe les jours et les nuits, passe ce temps de vie d'homme. Passera aussi, sans doute tout ce qui en a fait le décor. Mon père avait commencé à travailler dur à 10ans, à 12 il était apprenti, à 16 il fit le front populaire, à 19 la guerre, de 20 à 26 la résistance et la déportation. Il était militant communiste et syndicaliste comme on respire; cela faisait parti de lui et il s'était identifié à cette idéal. Lorsque les crimes de l'URSS furent devenus évidents il ne pouvait que les nier sous peine de se renier lui-même. Lorsque, enfin, il ne put plus argumenter et défendre son idéologie; il mourut, comme elle, n'ayant plus de raison de vivre. Il en va de même pour toute croyance et je sais, depuis longtemps, que les organisations humaines ne sont là que pour aider à vivre ceux qui s'identifient à elles. Que ce soit une église, un parti, ou tout groupe d'homme, il est inéluctablement appelé à déviance et déchéance.
Il faut savoir quitter la table lorsque le repas est terminé et passer au salon. Les organisations nous font autant que nous les faisons; ne leur consacrons pas notre vie. Nous sommes de passage et il ne sert à rien de se tenir accroché aux roches dans le lit du torrent qui nous emporte, sinon à nous maintenir sur place, noyés dans le fond. Se laisser porter par le grand flot de la vie et n'être ni d'un parti ni d'une obédience.... n'appartenir qu'à Lui.

lundi 23 février 2009

recherche


Je cherche, en moi, ce point immobile, cette lueur comme un phare dans le brouillard de mon âme. Cette balise qui signale à la fois le roc que redoute mon étrave et le port sécur où Tu m'attends. Je cherche en moi le lieu à l'abri du remous des vagues de la vie et des tempêtes de l'existence. C'est là, en Toi que je veux prendre refuge.

jeudi 19 février 2009

vie...


Avec le froid de la nuit sur les yeux clos, le corps se dissous dans la terre. Avec la lumière chaude de l'éternel amour l'esprit retourne à l'Unique. Ombre et lumière séparées l'une de l'autre? Le vent soulève la vague pour un instant et poursuit sa route infinie. L'air et l'eau étaient ils unis? Illusion de forme; seule la vie en mouvement a soulevé la terre qui compose ce corps, un instant et j'ai cru que c'était un "moi"....

mercredi 18 février 2009

Voleur!


J'ai volé à la terre la poussière qui compose mon corps. J'ai volé à l'océan le liquide qui coule en mes veines, au vent l'air qui emplit mes poumons. Mais à qui ai je volé la vie qui m'anime si ce n'est à Toi qui est l'Océan de la Vie? Tout sera repris à ce "je" qui ne sera plus rien. Mais la lune dans le ciel reflétera encore la lumière du soleil comme j'ai ici reflété un peu de temps Ta Lumière incréée. Béni sois Tu pour ce bonheur parfait. Aurai- je été un fidèle instrument? Toi seul le sais!

vendredi 13 février 2009

Jardin


Voici que mon coeur s'épuise en vaines lectures et en discours sur Lui, mon âme s'assèche. Viennent les pluies du printemps, vienne son haleine en mon jardin! Le feu du désir me brûle. Ô Toi qui fis ce jardin, Toi qui essartas en moi, Toi qui as semé à l'automne, arrose et parachève Ton oeuvre. Que poussent les fruits et les fleurs pour le bonheur de Ton regard... Toi seul sait où est l'eau qui manque, Toi seul sait mon manque et Toi seul connaîtra les fruits de Ton amour

mercredi 11 février 2009

Oubli


Personne ne veut de mal à un petit enfant, sauf le fou, même les animaux le respectent car en lui les choses sont simples et unies, la volonté une et tout est efficace. Les êtres attaquent l'adulte qui est dispersé entre désirs et soucis, qui se répand et dont les actions sont peu efficaces et demandent beaucoup d'énergie. Personne ne s’oppose au vieillard dont les désirs s'éteignent et les soucis s'éloignent; son besoin de repos est plus grand que tout. La mort apporte le repos et le retour à la perfection primordiale:
L'empereur Jaune a dit:
"L'esprit rentre chez lui,
le corps retourne à son origine
Comment le moi désirerait-il perdurer"

Je suis un humain foulant le sol de cette terre, c'est le lot qu'Il m'a assigné pour mon bonheur. Il m'a donné des sens pour jouir de la vie avec respect et bienséance. Les peines et les souffrances viennent de mes attachements, de mes tentatives d'appropriation donc, finalement de la perte de conscience que ce "moi" n'est que transitoire et illusion provisoire. De l'oubli, aussi que tout est théophanie et n'est là que pour témoigner de Son amour. Simple bonheur d'exister: je Te rend grâce!

samedi 31 janvier 2009

lumière dans la nuit


Il est des sommeils féconds qui, par le rêve, mais est-ce bien en rêve? nous entraîne vers des contrées où le corps nous empêcherai d'aborder. Il est des matins où les yeux brillent de milliers d'étoiles et d'une joie sereine. Des matins de certitudes, des matins de gratitude pour Son amour. Ainsi se succèdent jours sombres et jours de lumière; merveilleuse inconstance du coeur de l'homme qui s'éclaire à la lueur vacillante de la bougie de ses sentiments; de son ressenti mental. Tu es, Toi, Présence au coeur de nos nuits, Tu es permanence en nos vies aveugles...